31/03/2013

La Lettre Post-Polio

La Lettre Post-Polio

Présentation du SPP à l’intention des médecins,

de la famille et des amis des post-polios

Dr Richard L. Bruno

Président, Administrateur du Groupe de Travail International Post-Polio,

Institut Post-Polio Centre International Post-Polio pour l’éducation et la recherche

Hôpital et Centre Médical d’Englewood (NJ) USA.

QU’EST-CE QUE LES SÉQUELLES POST-POLIO ?

Les Séquelles post-polio (SPP, Syndrome post-Polio, Effets tardifs de la polio) sont les

symptômes inattendus et fréquemment invalidants – fatigue intense, faiblesse musculaire,

douleur musculaire et articulaire, troubles du sommeil, intolérance à l’anesthésie, au froid et

au chaud, ainsi que des difficultés à déglutir et à respirer – qui surviennent environ 35 ans

après l’attaque du virus de la polio chez 75 % des post-polios paralytiques et chez 40 % des

non-paralytiques. On compte environ deux millions de post-polios en Amérique du Nord,

vingt millions dans le monde entier et 55 000 en France. L’existence du SPP a été vérifiée par

des articles parus dans de nombreuses publications médicales, dont le Journal of the American

Medical Association, l’American Journal of Physical Medicine and Rehabilitation et le New

England Journal of Medicine.

QUELLES SONT LES CAUSES DU SPP ?

Le SPP est causé par des décennies d’ « usage abusif ». Le virus de la polio a endommagé

95 % des neurones moteur du tronc cérébral et de la moelle épinière, et en a tué au moins

50 %. Pratiquement chaque muscle du corps a été atteint par la polio, de même que les

neurones activant le cerveau, qui maintiennent le cerveau en alerte et permettent la

concentration. Bien qu’endommagés, les neurones restants ont compensé en produisant des «

bourgeons », semblables à des lignes téléphoniques supplémentaires, afin d’activer les muscles

rendus orphelins par la mort de leurs neurones. Ces neurones « surbourgeonnants »,

endommagés par le virus de la polio, sont à présent épuisés et meurent de surmenage, causant

affaiblissement musculaire et fatigue L’usage abusif des muscles provoque douleur musculaire

et articulaire, ainsi que difficulté à respirer et à déglutir.

COMMENT LE SPP EST-IL DIAGNOSTIQUÉ ?

Il n’existe pas de test diagnostic pour le SPP, y compris l’électromyogramme (EMG). Le SPP

est diagnostiqué en excluant toutes les autres causes possibles des nouveaux symptômes,

notamment les difficultés respiratoires et les contractions musculaires qui perturbent le

sommeil des post-polios, une thyroïde lente et l’anémie. Les autres maladies neurologiques ou

musculaires ne sont presque jamais cause de symptômes du SPP.

LE SPP MET-IL LA VIE DU PATIENT EN DANGER ?

Non. Toutefois, du fait de l’endommagement des neurones d’activation cérébrale, les postpolios

sont extrêmement sensibles aux anesthésiques gazeux et intraveineux et aux sédatifs,

dont il convient de réduire les doses. Les post-polios peuvent avoir des difficultés à se réveiller

d’une anesthésie et peuvent présenter des problèmes de respiration ou de déglutition, même

dans le cas d’une anesthésie locale dentaire.

LE SPP EST-IL UNE MALADIE ÉVOLUTIVE ?

Le SPP n’est ni évolutif ni une maladie. Le SPP est causé par un organisme épuisé par un

travail excessif, effectué par un nombre trop restreint de neurones surbourgeonnants

endommagés par le virus de la polio. Toutefois, il s’avère que les post-polios dont la faiblesse

musculaire n’est pas traitée perdent environ 7 % par an des neurones moteurs surmenés qui

leur restent.

EXISTE-T-IL UN TRAITEMENT POUR LE SPP ?

Oui. Les post-polios doivent « conserver pour préserver », conserver l’énergie et arrêter de

surmener leur organisme afin de préserver leurs capacités Les post-polios doivent marcher

moins, utiliser les aides à la mobilité nécessaires –appareils orthopédiques, cannes, béquilles,

fauteuil roulant – prévoir des périodes de repos dans la journée et interrompre leurs activités

avant le commencement des symptômes. En outre, puisque de nombreux post-polios souffrent

d’hypoglycémie, le fatigue et la faiblesse musculaire diminuent lorsqu’ils consomment des

protéines au petit déjeuner et des repas pauvres en lipides et riches en protéines, plus fréquents

et en plus petites quantités au cours de la journée.

L’EXERCICE N’EST-IL PAS LE SEUL MOYEN DE RENFORCER DES MUSCLES

AFFAIBLIS ?

Non. Les exercices de raffermissement musculaire ajoutent au surmenage. Forcer sur la

musculation n’a d’autre conséquences que de brûler les neurones endommagés par la polio. En

règle générale, les post-polios ne peuvent pas pratiquer d’exercices intenses de mise en forme

cardiaque. Le stretching peut être efficace. Mais quelle que soit la thérapie, celle-ci ne doit pas

déclencher ou empirer les symptômes du SPP.

LE TRAITEMENT CONTRE LE SPP EST-IL EFFICACE ?

Oui. Le pire qui puisse se produire est la stabilisation des symptômes du SPP lorsque les postpolios

mettent un terme au surmenage. La plupart constatent une diminution notable de la

fatigue, de la faiblesse et de la douleur une fois qu’ils commencent à se soigner et que les

éventuels troubles du sommeil sont traités. Cependant, à cause des souffrances psychologiques

qu’ils ont endurées dans le passé du fait de leur handicap, nombreux post-polios trouvent très

difficile de se soigner, de ralentir et surtout « d’avoir l’air handicapé » en demandant de l’aide

et en se servant d’aides à la mobilité.

COMMENT LES MÉDECINS, LA FAMILLE ET LES AMIS PEUVENT-ILS AIDER ?

Les post-polios ont passé leur vie à essayer d’avoir l’air « normaux ». Il est effrayant et pénible

d’utiliser un appareil orthopédique dont ils se sont débarrassés enfants et d’alléger des

plannings quotidiens surchargés. C’est pourquoi les amis et la famille doivent les soutenir au

cours des changements affectant leur style de vie, accepter leurs

limitations physiques et, le

cas échéant, les nouvelles aides à la mobilité. Plus important encore, les amis et la famille

doivent être prêts à assumer les tâches physiques pénibles que les post-polios sont peut-être

capables d’effectuer, mais cela au détriment de leur santé. Les médecins, les amis et la famille

doivent être informés sur la cause et le traitement du SPP. Ils doivent être à l’écoute lorsque

les post-polios ont besoin de se confier à propos du SPP et des changements qu’il entraîne

dans leur vie. Toutefois, les amis et la famille ne doivent pas régenter la vie des post-polios.

Ni les rappels en douceur ni les remarques incessantes, faites dans les meilleures intentions, ne

pourront forcer les post-polios à prendre un petit déjeuner, à marcher avec une canne ou à se

reposer entre les activités. Les post-polios doivent être responsables de leur propre santé et

demander de l’aide lorsqu’ils en ont besoin. Que vous ayez eu la polio ou non, merci de

COPIER et d’ENVOYER cette lettre aux médecins. Avec votre aide, tous les médecins

connaîtront la cause et le traitement du SPP.

Mia Farrow et Thaddeus Farrow, post-polios

Coprésidents Campagne le LETTRE POST-POLIO

http://www.postpolioinfo.com

19:34 Écrit par niza | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

http://www.polio.ch/fr/start.html

Syndrome postpolio – les suites tardives de la polio

La poliomyélite peut entraîner des méningites, encéphalites et différents troubles des fonctions centrales (douleurs, température, respiration, régulation de l’état d’éveil) et dans 2% des cas des paralysies

Les paralysies peuvent apparattre au niveau des nerfs cervicaux (poliomyélite bulbaire: mimique, parole, deglutition), au niveau des racines antérieures de la moëlle épinière (poliomyélite spinale: bras, jambes, ceinture scapulaire, tronc, muscles réspiratoires) ou être combinées (poliomyélite bulbo-spinale: fonction respiratoire combinée). La sensibilité est maintenue.

Près de 30 ans après la forme aiguë de la maladie apparaissent chez un grand nombre de personnes concernées de nouveaux symptômes correspondant au syndrome post-polio (SPP), soit aux suites tardives de la polio, avec pour principaux (nouveaux) symptômes: douleurs, faiblesse musculaire, fatigue et la fatigabilité, troubles de la régulation neuro-végétative, sensibilité à la température, troubles de la fonction respiratoire. Certains symptômes isolés peuvent être considerés en partie comme une suite logique et explicable des paralysies, mais d'autres sont spécifiques au diagnostic du SPP.

• Fatigue et fatigabilité


Les malades évoquent la limite de rendement à laquelle ils sont confrontés, même s'ils désirent la dépasser. Cette limitation est en contradiction avec la personnalité (hyper)active (type A) du poliomyélitique typique. Les personnes concernées sont contraintes de freiner leur style de vie, de réduire leurs activités professionnelles et leurs loisirs, ou alors d'aller au-devant d'une décompensation générale et de leur état de santé. Outre les douleurs et la faiblesse musculaire évoquées, on relève des troubles du métabolisme cortisonique, ainsi que des troubles de la formation reticulaire.

• Faiblesse musculaire
De nombreux malades retrouvent une force clinique appréciable spontanément et/ou grâce à un traitement de physiothérapie active. Les fibres musculaires atrophiées et dénervées sont à nouveau innervées par la germination des motoneurones (10 à 20 fois plus) qui ont pu s'adapter aux exigences physiques. La surcharge durant des années de la musculature atrophiée même par des travaux quotidiens «normaux» entrâme une dégéneration soit lente, insidieuse, soit subite (par poussées). Les malades ne peuvent plus marcher longtemps, tombent souvent, perdent leurs forces par exemple également dans la région scapulaire. La musculature concernant la respiration, la déglutition et la parole peut aussi être affectée, ce qui restreint considerablement les activités physiques.

• Douleurs
Le processus inflammatoire mène à la phase aiguë et aussi à l'atteinte des neurones péripheriques très sensibles, et par voie de conséquence à des douleurs et à une hypersensibilité. La sensation physique se normalise à nouveau. Les nouvelles douleurs s'expliquent en partie logiquement par le déséquilibre musculo-squelettique et la charge asymétrique de la musculature, des ligaments, des articulations et des os, par les suites d'une instabilité osseuse en cas d'ostéoporose accrue ou par compression des racines des nerfs rachidiens ou des nerfs du tunnel carpien.
Une immobilité prononcée et une ostéoporose accrue peuvent conduire à des concretions dans les voies urinaires. Autres causes de douleurs: lésion mécanique des fibres musculaires ("splitting") avec inflammation subséquente, apparition d'oedèmes et d'ischémie par crispation et contracture musculaires et/ou troubles des cellules productrices d'endorphine régulant la douleur. Causes indirectes: de douleurs: uicère d'estomac, douleurs cardio-ischémiques (stress, troubles de la fonction respiratoire, hypertonie), météorisme et constipation (manque d'exercice physique, faiblesse de la paroi abdominale).

Troubles de regulation de la température
Outre l'insuffisance de l'irrigation sanguine locale en cas d'atrophie musculaire conduisant à une hypothermie, il est fait état d'une sensation de froid généralisée, de frissons et/ou d'une sensation de chaleur s'accompagnant ou non d'une température du corps plus élevée, sans qu'il y ait de cause médicale explicite. Ces troubles également relèvent d'un changement du centre nerveux correspondant et/ou de l'adaptation de la température en raison de la masse musculaire réduite (tremblement musculaire), de l'irrigation restreinte des tissus et en raison d'oedèmes tissulaires ou lymphatiques, tant lorsqu'il fait froid que lorsqu'il fait chaud.

• Troubles de la fonction respiratoire


Les troubles de la fonction respiratoire observés sont tant centraux que musculaires du fait de nouveaux troubles du tronc cérébral mais aussi de l'affaiblissement des voies respiratoires supérieures (contraction!), du diaphragme, de la musculature du thorax et de la paroi abdominale. La respiration se raccourcit, devient plus plate et la nuit, des apnées peuvent se produire. On se trouve alors en présence d'hypoventilation que l'on méconnait et que l'on prend bien souvent durant la journée pour des défaillances mentales et intellectuelles ou de la fatigue pouvant aller jusqu'à l'assoupissement. Souvent aussi, il n'y a pas de dyspnée, étant donne l'absence de sensibilité à l'augmentation de gaz carbonique et au manque d'oxygène. II est important que des examens correspondants soient effectués en vue de traiter ces troubles vitaux.

• Traitement


La thérapie la plus efficace est la prévention pour éviter le surmenage physique et mental des personnes présentant des symptômes tardifs de la poliomyélite qui supportent moins de charges du système végétatif et du système musculaire squélettique. L'adaptation du poste de travail et du style de vie, des aides optimales - qu'il s'a-gisse de moyens auxiliaires téchniques ou d'une assistance humaine et pleine de compréhension - ainsi que le maintien d'activités et, si possible, une gymnastique thérapeutique douce, constructive et fonctionnelle, dosée avec soin, entrent dans ce cadre. Enfin, en cas de troubles de la fonction respiratoire, une aide respiratoire (BiPaP/CPaP, ventilation artificielle peut-être aussi permanent, jour et nuit) est indiquée.

La L-carnitine a montré des effets positifs sur le métabolisme énérgetique ainsi que sur les douleurs musculaires (à côté du salicylate).

Les personnes touchées par les suites tardives de la polio présentent souvent une hypersensibilité aux médicament et en particulier aux produits anesthésiques.

 

 

Dr med. Thomas Lehmann
Tilia Pflegezentrum Bern-Wittigkofen
Centre pour polios et pour paralysés respiratoire

18:41 Écrit par niza | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polio |  Facebook |

30/03/2013

http://www.post-polio.asso.fr/content/view/89/39/

Définitions et caractéristiques

En France, le Syndrome Post-Polio (SPP) n'est pas reconnu ou est mal connu. Et quand les anciens polios exposent les nouveaux symptômes qu'ils ressentent, il semble que la plupart des médecins ne les prennent pas en considération.

Le but de cette présentation est de montrer l'existence du SPP, de l'expliquer, afin que les personnes qui en souffrent aujourd'hui et celles qui peut-être en souffriront demain ne soient plus confrontées seules à ce problème.

Ne cherchez pas à poser votre propre diagnostic

 Le diagnostic du syndrome post-polio est un diagnostic d'exclusion et il est

important d'éliminer (ou de traiter) d'autres causes présentant

des symptômes similaires qui peuvent vous angoisser.

Seul un médecin spécialisé ayant une expérience

de la poliomyélite pourra le diagnostiquer

Nous abordons également les traitements envisageables, bien qu'aucun, à ce jour n'ait fait les preuves de sa réelle efficacité.

Cette présentation du syndrome post-polio a été rédigée par Nancy BLANVALET, kinésithérapeute et par Catherine COUSERGUE, post-polio, médecin.

Introduction

30 à 40 ans, en moyenne, après l'attaque initiale de polio peuvent apparaître de nouveaux problèmes. Il semblerait, en effet, que  70 % des polios paralytiques et 40 % des non-paralytiques  développent un syndrome post-polio (SPP).

Définition

Plusieurs appellations ont été utilisées pour définir le syndrome post-polio : atrophie musculaire post-polio (AMPP), effets tardifs de la polio, séquelles post-polio. Le SPP est un terme plus hétérogène et donc plus pratique au point de vue de la clinique. Il ne doit pourtant pas être utilisé sans discernement pour toute personne ayant un historique de polio paralytique avec de nouvelles plaintes. Les critères de ce diagnostic sont les suivants :

1. Episode préalable de polio paralytique confirmé par un historique, un examen physique et des conclusions typiques sue électromyogramme (EMG).

2. Evaluation EMG standard qui montre des changements conséquents.

3. Période de récupération neurologique suivie d'un intervalle prolongé de stabilité neurologique et fonctionnelle précédant la venue de nouveaux problèmes : l'intervalle de stabilité neurologique et fonctionnelle dure habituellement 20 ans ou plus.

4. Arrivée progressive ou soudaine d'un nouvel affaiblissement neurogénique, non dû à la mauvaise utilisation des muscles précédemment affectés. De plus, peuvent apparaître une fatigue excessive, une douleur musculaire ou articulaire, une diminution de l'endurance, un abaissement du fonctionnement et une atrophie.

5. Exclusions de conditions médicales, orthopédiques et neurologiques qui pourraient être la cause des problèmes mentionnés ci-dessus.

D'autres symptômes ne montrent pas l'évidence d'un véritable nouveau dysfonctionnement de l'unité motrice.

Ces symptômes

a) peuvent être attribués directement au dommage causé par le poliovirus, tel que l'intolérance au froid ou le déséquilibre musculo-squelettique

b) sont supposés être reliés à l'impossibilité du corps à maintenir le niveau de récupération qui a été obtenu, un nouvel affaiblissement peut alors apparaître

c) proviennent de traumatismes secondaires (syndrome du canal carpien, arthrose, etc.).

 

Pathophysiologie de la poliomyélite

Elle est nécessaire à la compréhension des causes possibles du syndrome post-polio ainsi qu'à l'élaboration de son traitement.

A) Processus de récupération après la poliomyélite aiguë

Après l'invasion du SNC par le poliovirus, on assiste à une perte neurologique et fonctionnelle due à l'atteinte des cellules de la corne antérieure qui laissent les fibres musculaires qu'elles innervaient orphelines. La récupération atteint un plateau en 6 à 8 mois. L'étendue de la récupération neurologique et fonctionnelle est déterminée par trois facteurs majeurs :

La récupération des motoneurones atteints de manière temporaire et la poursuite de leur activité normale.
L'augmentation de taille (hypertrophie musculaire) des fibres musculaires innervées par les cellules nerveuses survivantes et leur renforcement grâce à des exercices de renforcement traditionnels.
Le nombre de neurones moteurs qui développent des bourgeons axones terminaux pour ré innerver les fibres musculaires laissées orphelines par la mort de leur neurone moteur original.

Le phénomène de bourgeonnement axone terminal rend possible l'adoption des fibres musculaires orphelines par un neurone moteur sain ou récupéré. Une cellule de neurone moteur peut adopter 5 à 7 fibres musculaires additionnelles, jusqu'à 20 pour chaque cellule musculaire innervée originellement. On peut donc en conclure qu'un neurone moteur qui innervait à l'origine 100 fibres musculaires peut innerver 700 à 2000 fibres. Il en résulte que les anciens patients atteints de polio peuvent conserver quelques unités motrices agrandies qui sont capables de faire le travail préalablement effectué par beaucoup d'unités. De plus, les fibres musculaires restantes s'hypertrophient pour augmenter la résistance du groupe musculaire. Grâce à ce mécanisme de compensation neurophysiologique, un muscle peut conserver une résistance normale même après que 50 % des neurones moteurs atteints aient été perdus.

B) La période de stabilité :

Elle peut durer plusieurs décennies et est caractérisée par un processus continu de remodelage ainsi qu'une condition neurologique et fonctionnelle stable. On note parfois la mort de quelques terminaisons nerveuses qui sont automatiquement remplacées par la formation de nouvelles terminaisons.

Etiologie du syndrome post-polio

Les changements pathologiques occasionnant le syndrome post-polio sont toujours inconnus. 
Ces dernières années, plusieurs théories ont été avancées.

- Dysfonctionnement de l'unité motrice dû à un travail excessif ou à un vieillissement prématuré des unités motrices affectées par la polio

Cette hypothèse semble être la plus probable.

D'après des études morphologique, clinique et électromyographique, le SPP serait le résultat d'une instabilité, nouvelle ou peut-être permanente, des unités motrices précédemment touchées par la polio. Il serait causé par une dénervation nouvelle et continue des muscles affectés par la polio mais également de ceux pensés asymptomatiques. En effet, les motoneurones ayant adopté les fibres musculaires laissées orphelines par le poliovirus sont exposés à des demandes métaboliques accrues en raison d'un territoire d'unités motrices accru. Les neurones moteurs géants ne sont pas capables de supporter indéfiniment la demande métabolique de leurs bourgeons et il résulte que les terminaux individuels se détériorent lentement et que les fibres musculaires ré innervées diminuent.

Lors de ces études, il est apparu clairement que, chez les patients présentant le SPP, les neurones moteurs sont instables et subissent constamment une altération ultérieure nécessitant une réparation et une restructuration des unités motrices. On note également une perte continue, mais heureusement lente, de l'ordre de 1% par an, de la force musculaire qui ne peut être expliquée totalement par les modifications normales liées à la sénescence. Cependant, il est évident que ce problème lié au vieillissement des différentes structures du corps entraînera une perte plus importante du nombre de motoneurones et donc de perte de force musculaire d'autant plus grande. En conséquence, le nombre de fibres musculaires conduites par chaque neurone moteur décline et les anciens polios expérimentent un nouvel affaiblissement ainsi que d'autres symptômes de dysfonctionnement neurologique.

Image

Légende de l’illustration (de gauche à droite).

La normale : représentation de trois unités motrices normales.

Phase aiguë de la polio ; l’invasion d’un neurone moteur par le poliovirus entraîne la dégénérescence du neurone affecté et la dénervation des fibres musculaires associées.

Guérison : le rétablissement à la suite d’une polio paralytique se produit par le bourgeonnement axonal des neurones moteurs et la ré innervation des fibres musculaires.

Syndrome post-polio : la cause la plus probable du SPP serait la dégénérescence des unités motrices, accompagnées de la dénervation des fibres musculaires.

- Autre étiologies discutées :

D'autres hypothèses ont été proposées pour expliquer le SPP mais non pas été retenues. Ce sont la sur-utilisation musculaire, la non-utilisation musculaire, la prédisposition à la dégénérescence des neurones moteurs due à des dommages gliaux, vasculaires et lymphatiques, la réactivation du virus ou infection permanente, le syndrome immune intermédiaire et l'influence du vieillissement de l'hormone de croissance.

Caractéristiques clinique du SPP

Ces 10 dernières années, une série d'études a démontré que la majorité des patients post-polios développent des symptômes similaires, dont la fréquence et la place relative sont tirées d'un certain nombre d'études et rassemblées dans le tableau ci-dessous:

Image

Le plus souvent, l'arrivée de ces nouveaux symptômes est insidieuse, mais elle peut être précédée par des événements spécifiques tels qu'un accident mineur, une période de repos au lit ou un gain de poids. Il est probable que de nouveaux problèmes puissent surgir quand des problèmes médicaux coexistants, tels que le diabète, se développent ou s'aggravent.

Les facteurs associés au développement de l'affaiblissement progressif sont les suivants :
- âge du patient lord de l'infection initiale : plus de 10 ans
- historique de l'hospitalisation
- utilisation d'un respirateur
- implication paralytique des 4 membres
- un affaiblissement plus important au moment de la polio aiguë
- un plus grand laps de temps depuis l'infection aiguë
- une prise de poids récente
- douleur musculaire associée aux exercices
L'intervalle moyen entre l'épisode initial et l'arrivée des symptômes se situe en moyenne autour de 35 ans.

Caractères morphologiques du SPP

Suivant une étude menée par Dalakas et al., basée sur une population de 27 post-polios pendant 8 ans, de nouvelles constatations sur le nouvel affaiblissement ont vu le jour. Les conclusions des biopsies comprenaient les changements dans la morphologie cellulaire, les groupements de types de fibres, les petites fibres angulées et l'hypertrophie des muscles qui étaient le moins touchés. Suivant la sévérité de l'implication de la polio, il a placé ces muscles dans quatre sous-groupes:

a) Le sous-groupe I
Il comprend les muscles originellement touchés mais ayant partiellement récupéré et présentant un nouvel affaiblissement. Ces muscles montrent :
- des caractéristiques myopathiques : augmentation du tissu conjonctif; des fibres occasionnelles phagocytées; des variations de dimensions de fibres
- des changements neurogéniques anciens
- des changements neurogéniques nouveaux.

b) Le sous-groupe II
Il comprend les muscles originellement affectés mais ayant pleinement récupérés, avec un nouvel affaiblissement. Ceux-ci présentaient l'évidence d'une ré innervation extensive avec des répartitions de fibres de taille normale, plus petites et plus angulées.

c) Le sous-groupe III
Il inclut les muscles cliniquement épargnés à l'origine mais atteints d'un nouvel affaiblissement. Ces muscles comme ceux du groupe II, montrent une énervation/innervation chronique avec des répartitions types de fibres.

d) Le sous-groupe IV
Il contient les muscles asymptomatiques qui présentent une répartition par type de fibres à l'exception de petites fibres angulées et d'évidence d'inflammation.

En conclusion :

La nature imprévisible et la grande variabilité avec laquelle la polio affecte les muscles démontrent que deux personnes, voire même deux muscles d'une même personne, ne peuvent être soignés avec un traitement identique. Ceci pose le problème du traitement d'une personne présentant le SPP.

18:40 Écrit par niza | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polio |  Facebook |

4eme-congres-Polio-2013

http://www.abpasbl.be/4eme-congres-Polio-2013.html

 

18:12 Écrit par niza | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/05/2007

Politiques concernant la pesronne handicapée ...

J'ai plus de 66 % d'handicap, et dernièrement j'ai perdu le droit de percevoir une allocation  pour personne handicapée que j'avais depuis des années pour le motif que je travaille et que mes revenus dépasserait un certain plafond ...

Ensuite re belotte, j'ai perdu également le droit de percevoir les allocations familiales majorées pour mes enfants (donnés aux parents handicapés), pour le motif que je travaille et que mes revenus dépasserait un certain plafond ...

 

Apparement le sens logique des choses et sans doute la volonté des politiques (Merci Gisèle Mandaila)  voudrait me pousser à ne plus travailler et à rester chez moi ... Je trouve cela vraiment très bas et pas normale du tout.

C'est pourquoi j'ai créé ce blog, pour attirer l'attention des politiques sur les personnes handicapées.

Alors que le politique gaspille des sommes énormes pour des bêtises, les vrais problèmes sont esquissés.

En tous cas j'espère vraiment que le parti de Madame Gisèle Mandaila (MR ???) ne sera plus de la partie après les élections de juin 2007 ...

Pour ma part je compte sur Muriel GERKENS et ECOLO pour défendre la personne handicapée... 

18:16 Écrit par niza dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : handicap, politique |  Facebook |